L’industrie de la fourrure est fructueuse, l’envers du décor l’est beaucoup moins. Animaux torturés, élevés dans des conditions de vie abominables, pollution… Savez-vous réellement ce qu’implique la création de ces vêtements tendance qui font la renommée de certaines marques de luxe ? SooCurious vous présente 15 chiffres accablants sur un marché malheureusement florissant.

 

56 millions d’animaux sont abattus chaque année pour leur fourrure

renard-tristeLa fourrure de renard est très prisée dans le monde de la mode via Shutterstock

Chaque année, 56 millions d’animaux sont abattus pour leur fourrure, un chiffre qui est en hausse de 10 % tous les ans depuis 10 années, et qui ne comptabilise pas les individus victimes de braconnage illégal. Les animaux les plus prisés pour leur fourrure sont les visons, les renards et les chinchillas.

 

85 % de la production mondiale de fourrure se fait dans des “fermes à fourrure”

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85 % d’entre eux sont confinés dans des cages toute leur vie, ils doivent vivre dans un espace extrêmement confiné, entre 60 centimètres carrés et 1 mètre carré pour les plus chanceux. Ces conditions de vie abominables placent les animaux dans un état de stress permanent, beaucoup s’automutilent. Les pires élevages se trouvent en Chine, où certains animaux sont maltraités et battus, voire dépecés vivants.

 

Les 15 % restants sont chassés dans la nature avec des pièges affreux

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Les autres animaux convoités pour leur fourrure sont attrapés dans la nature. Les pièges utilisés sont absolument affreux, ils visent en effet à immobiliser l’animal, dans de nombreux cas sans le tuer directement. L’un des outils les plus utilisés, pourtant interdit dans 89 pays dont la France, est le piège à mâchoires. Si un animal marche dessus, le dispositif se referme violemment sur le membre de ce dernier, il agonise jusqu’à l’arrivée du trappeur qui l’achève. En France, les pièges utilisés sont censés réduire les souffrances de l’animal. Parmi eux, les boîtes à fauves, les collets ou encore des outils entraînant la noyade… Il faut tout de même savoir que ces appareils visent surtout les animaux considérés comme nuisibles, tels que les visons, les ratons laveurs, les ragondins ou les rats musqués.

 

Pour un animal piégé, on estime entre un et dix le nombre de victimes collatérales

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Ces pièges ne font aucune différence entre les animaux. Ils peuvent blesser des animaux domestiques, mais aussi des espèces protégées comme le loup gris, le lynx, ou encore le Pygargue à tête blanche. Ces victimes “accidentelles” sont bien plus nombreuses qu’on ne le croit : d’après l’association Fourrure Torture, pour un animal piégé, entre un et dix autres sont des victimes collatérales des pièges, c’est-à-dire des animaux domestiques ou en voie de disparition.

 

Pour confectionner un seul manteau de fourrure, il faut tuer plus de 50 visons

manteau-furrurePour fabriquer un manteau comme celui-ci, il faut tuer 50 visons via Shutterstock

Bien entendu, la confection d’un vêtement n’implique pas la mort d’un seul animal. En général, il faut tuer environ 50 visons pour fabriquer un manteau. Pour ce même accessoire, il faut abattre entre 3 et 10 loups, entre 27 et 30 ratons laveurs, ou encore entre 12 et 15 lynx…

 

Les visons sont élevés sur une période de 7 à 8 mois avant d’être abattus

vison-cageDurant leur vie, les visons ne sortent jamais de leur cage, sauf pour être tués via Shutterstock

Les visons élevés dans les fermes à fourrure sont abattus au bout de 7 ou 8 mois. Selon les pays, la méthode de mise à mort varie : gazage, électrocution, empoisonnement avec des produits chimiques… La peau est ensuite retirée de la carcasse, avant d’être lavée puis séchée.

 

Pour obtenir 1 kilo de fourrure, il faut utiliser 563 kilos de nourriture

viande-gachisLes fermes à fourrure nécessitent une quantité phénoménale de viande via Shutterstock

Durant sa courte vie en élevage, un vison consomme environ 50 kilos de nourriture, un régime alimentaire principalement composé d’abats de poulet, de poisson, de blé et d’additifs. Il faut abattre 11 animaux pour obtenir 1 kilo de fourrure, ce qui représente approximativement 563 kg de nourriture.

 

Sur 180 animaux tués, la fourrure de seulement 42 d’entre eux est réellement utilisée

fourrure-visonDe nombreux animaux sont considérés comme des déchets car leur fourrure est inexploitable via Shutterstock

Encore plus affolant : sur 180 animaux tués, la fourrure de 42 est utilisée. Les autres sont considérés comme de simples déchets et sont jetés.

 

En France, environ 200 000 visons évoluent dans des fermes à fourrure

cage-visonEn France, il existe des fermes où les animaux sont élevés uniquement pour leur fourrure via Shutterstock

Bien que des pays européens comme le Royaume-Uni ou l’Autriche aient interdit les fermes à fourrure, la France, elle, continue d’élever des animaux dans des conditions de vie très douteuses. Même s’il est interdit de fabriquer ou de vendre de la fourrure de chien ou de chat, il y a environ 200 000 visons répartis dans une vingtaine d’élevages, ainsi que 100 000 lapins Orylag. D’autres pays, comme le Danemark, la Suisse ou les Pays-Bas, possèdent des législations bien plus strictes quant à l’élevage d’animaux pour leur fourrure.

 

En France, 264 tonnes de phosphore sont relâchées dans la nature à cause de l’élevage de vison

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L’impact environnemental de la production de fourrure est totalement désastreux. Un vison produit environ 88 kilos d’excréments par an. En France, cela représente 15 840 tonnes de lisier qui relâchent 264 tonnes de phosphore, mais également beaucoup d’azote. Dans l’eau, ces substances représentent de véritables dangers pour les animaux marins. Le phosphore est l’un des pires polluants des écosystèmes aquatiques.

 

La fourrure est l’une des 5 industries les plus polluantes au monde

pollution-toxiqueL’industrie de la fourrure et de la tannerie est extrêmement polluante via Shutterstock

L’incinération des carcasses d’animaux est également extrêmement nocive pour l’environnement. De nombreux gaz sont ainsi rejetés dans l’atmosphère : monoxyde de carbone, oxyde d’azote, dioxyde de carbone… L’industrie de la fourrure et de la tannerie fait partie du top 5 des plus polluantes au monde.

 

L’impact sur le changement climatique de la production de fourrure est 5 fois supérieur à celui de la laine

pollution-atmosphereLa tannerie est également particulièrement polluante via Shutterstock

La production de laine est très néfaste pour l’environnement. Celle de fourrure l’est bien plus. L’impact sur le réchauffement climatique occasionné par la production de fourrure est 5 fois supérieur à celui de la laine, textile réputé pour sa confection particulièrement polluante. En cause, les émissions de protoxyde d’azote et le lisier de vison.

 

La production d’un manteau de fourrure requiert 20 fois plus d’énergie que la production d’un manteau synthétique

manteaux-fourrureCela paraît invraisemblable, mais la confection des vêtements de fourrure est bien plus polluante que celle des produits synthétiques via Shutterstock

Pourtant, l’industrie de la fourrure certifie que ses produits sont écologiques, puisque biodégradables. Mais les peaux exploitées pour confectionner les vêtements sont tannées, un processus qui vise justement à empêcher qu’il ne se biodégrade. Le tannage est une pratique extrêmement polluante. En fait, la conception d’un manteau de fourrure nécessite 20 fois plus d’énergie que la production d’un manteau synthétique.

 

Dans le monde, l’industrie de la fourrure représente 40 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an

raton-laveurPour beaucoup, l’argent est bien plus important que le bien-être animal via Shutterstock

Depuis quelques années, le retour de la fourrure dans la mode fait gonfler son chiffre d’affaires, qui s’élevait pour la période 2012-2013 à 40 milliards d’euros. Un butin particulièrement juteux qui semble bien plus important qu’un impact environnemental catastrophique et que la souffrance épouvantable qu’endurent les animaux.

 

Pour confectionner une seule capuche, il faut dépecer 2 renards

renard-cageLes renards sont surtout abattus pour la confection de capuches et de manches via Shutterstock

On observe que le retour de la fourrure dans la mode se fait par petites touches : capuches ou manches. Des accessoires sans doute moins culpabilisants qu’un long manteau de vison. Mais pour fabriquer une capuche, il faut dépecer deux renards, ou deux ratons laveurs. Des animaux qui sont d’ailleurs tués, dans la majeure partie du temps, à cet effet.

 

Pour résumer, l’industrie de la fourrure est l’une des plus polluantes au monde. Surtout, elle est la démonstration parfaite de la cruauté et de l’avarice de l’Homme. Dans le seul but d’obtenir des vêtements dits tendance, certains sont prêts à torturer des êtres vivants, sans aucune considération, aussi minime soit-elle, pour leur bien-être. Si vous vous intéressez à la cause animale, n’hésitez pas à découvrir ces 19 chiffres qui vont vous faire prendre conscience des conséquences colossales de la surproduction de viande.